Historique

La confection, une industrie née avec la révolution industrielle

En 1860, Charles Brillaud industriel installé à Saint-Omer, ouvre le premier atelier de lingerie mécanique dans sa ville natale, Argenton-sur-Creuse. Ce précurseur y introduit la première machine à coudre, une « Goodwin » à deux fils. Il est suivi très rapidement par d’autres confectionneurs locaux, en 1875, 400 femmes travaillent dans les différents ateliers de la ville. Dès les premières années, les ateliers se spécialisent dans la chemise pour hommes, produisant principalement pour les grands magasins parisiens. A la Belle époque, l’âge d’or de la chemiserie, les ateliers de la région argentonnaise emploient environ 3000 ouvrières. Au début des années 1960, dix-sept ateliers font travailler 1200 mécaniciennes.

Les chemises Christian Dior, Pierre Cardin, Lordson, Alain Figaret, Pierre Clarence ont été, pendant plusieurs décennies, réalisées dans les ateliers argentonnais, faisant de cette petite ville « la Cité de la chemise ».

Photo : L’atelier Brillaud, 1888

La création du musée

 

L’idée de ce musée est née en 1980 -année du patrimoine- de la réflexion d’un groupe d’anciens professionnels de la confection, convaincus de l’intérêt de maintenir vivant, le souvenir du patrimoine industriel de la ville et de mettre en valeur la qualité des produits réalisés. Une association fut créée en 1982 par Jean-René Gravereaux, ancien industriel local, entouré de sa femme Solange Gravereaux et d’anciennes employées.

Le 1er Janvier 1989, le musée devint municipal et fût reconnu comme musée contrôlé par la Direction des Musées de France le 21 décembre 1990. Les travaux furent dès lors engagés et le musée put ouvrir en juillet 1993. Depuis le 1er janvier 1997, le musée est géré par la Communauté de Communes du Pays d’Argenton-sur-Creuse. Depuis la dernière loi sur les musées, il est labellisé « Musée de France ».

Photo : Jean-René et Solange Gravereaux entourés des membres actifs de l’association, 1985

Le musée dans une usine du XIXe siècle

 

Le musée se situe dans un grand bâtiment en forme de U, véritable témoin de cette activité aujourd’hui disparue. L’aile nord située dans le premier atelier ouvert par Charles Brillaud accueille les expositions permanentes consacrées à l’histoire de la chemise et à sa fabrication. L’aile sud, ancien atelier Guiot, comporte deux salles d’expositions temporaires. La partie centrale, entièrement repensée lors de la rénovation du musée, offre une vue sur la Creuse et la ville haute, grâce à ses baies vitrées. Un petit jardin textile a été aménagé dans la cour intérieure entre les deux bâtiments.

Photo : La SOGEC, vers 1955